Le lent déclin

Le 5 décembre 1812, seulement quelques jours après le désastre de la Bérézina, Napoléon laisse le commandement de ce qui reste de la Grande Armée au maréchal Murat, puis rejoint Paris pour lever une nouvelle armée. En effet, la Prusse et l'Autriche, sentant le vent tourner, commencent à faire défection petit à petit. Le 23 mars 1813, Jean-Baptiste Bernadotte, ex-maréchal devenu roi de Suède, signe un accord secret avec la Russie, se préparant à intervenir en Europe. Par ailleurs, la situation en Espagne est critique. Le duc de Wellington, à la tête d'une armée anglo-hispano-portugaise, bat successivement les maréchaux de l'Empire et se rapproche des frontières françaises, en particulier après la défaite française à Vitoria, le 21 juin 1813, scellant la guerre d'Espagne. Pour contrer ces menaces, 400 000 hommes sont recrutés. Jeunes, inexpérimentés, on les appelle les Marie-Louise. Ils rejoignent les restes de la Grande Armée en Saxe. 



Le 28 février 1813, Frédéric-Guillaume III signe un accord avec la Russie et attaque la Saxe. Le 2 mai, Napoléon triomphe des Alliés à Lutzen, puis les bat à Bautzen les 20 et 21 mai; il manque de les écraser, mais n'ayant pas de cavalerie légère, il ne peut engager de poursuite.


Gravure de la bataille de Lutzen (2 mai 1813)

Lettre de la Grande Armée à la destination de Sainte-Etienne durant la seconde campagne d'Allemagne en 1813


Trahenberg, Dresde et Kulm

Suite aux défaites de Lutzen et Bautzen, la Sixième coalition (la Russie, l'Autriche, la Prusse, la Suède, l'Angleterre...) décide de mettre au point un plan qui consiste à ne jamais affronter l'Empereur des Français sur un champ de bataille, plutôt combattre ses maréchaux: c'est le plan de Trahenberg. L'ex-maréchal J.-B. Bernadotte roi de Suède est en partie le créateur de ce plan qui va avoir raison du génie tactique de Napoléon 1er. Pendant 2 semaines, ses maréchaux vont accumuler les défaites jusqu'à que Napoléon écrase les Alliés à la bataille de Dresde. Mais les victoires françaises sont vites effacées par l'efficacité du plan de Trahenberg et pendant deux mois, Napoléon voit l'ennemi le fuir à chaque fois qu'il arrive sur un champ de bataille pour aider ses subordonnés. Le maréchal Vandamme sera même capturé le 30 août à la bataille de Kulm !

Leipzig, la Bataille des Nations

Ne pouvant tenir, Napoléon 1er fait reculer la Grande Armée jusqu'à Leipzig où il aligne 177 000 soldats. Le 16 octobre, la coalition attaque avec 300 000 hommes puis 400 000 le deuxième jour. En un jour, l'armée française compte 20 000 pertes contre 18 000 du côté coalisé. Après 3 jours de combat, c'est-à-dire le 19 octobre, l'Empereur ordonne la retraite. Mais elle vire au cauchemar: le seul pont passant sur l'Elster Blanche saute, laissant 20 000 hommes sur l'autre rive, massacrés ou prisonniers. 500 000 soldats combattirent à la Bataille des Nations, 300 000 en sortirent vivants ou indemnes. 130~200 000 morts, blessés ou prisonniers en 4 jours dans les deux camps, ce fut le combat le plus sanglant de l'épopée napoléonienne jusqu'à la Première Guerre mondiale.


Bloc feuillet de la République tchéque représentant la rencontre des souverains alliés après la victoire


Hanau, le chef d'oeuvre de la Garde Impériale

Le 30 et 31 octobre 1813, alors que la Grande Armée continue sa retraite avec 20 000 soldats valides et 30 000 blessés, elle est attaquée par son ancien allié, la Bavière près d'un village appelé Hanau. A deux contre un, brisé, Napoléon force tout de même le passage et inflige 10 à 15 000 pertes du côté ennemi, s'en sortant avec 3000 morts et blessés. 


Victoire de Hanau, où la Garde Impériale mit en déroute une armée deux fois plus nombreuse (30 et 31 octobre 1813)


La bataille de Hanau démontre que l'Empereur, lâché par ses alliés allemands, italiens, isolé et contre tous, ne peut plus attaquer désormais,et doit se replier pour défendre le territoire français, ce qui aboutira à la campagne de France.