"Le commencement de la fin" (C.M. de Talleyrand)
Le 24 juin 1812, la Grande Armée, forte d'environ 600 000 soldats venus de 20 nations, franchit le Niémen pour envahir la Russie. En effet, le tsar de toutes les Russies, Alexandre 1er, est sortie du Blocus continental, ruinant tous les efforts de l'Empereur pour obliger l'Angleterre à signer la paix. L'armée du tsar, commandée par les généraux Bagration et Barclay composée elle que de 400 à 500 000 hommes, n'est pas prête alors les Russes décident de reculer en appliquant la tactique de la terre brûlée mais subissent plusieurs défaites par exemple à Saltanovka, Vitebsk ou encore Smolensk, où après une défense acharnée, le général Barclay ordonna la retraite vers Moscou.
Effectifs des deux armées
| Effectifs de la Grande Armée | Effectifs de l'armée russe |
|---|---|
| Français: ~291 000 | Russie: ~488-500 000 |
| Confédération du Rhin: ~ 103 000 | |
| Pologne: ~ 100 000 | |
| Autriche: ~34 000 | |
| Prusse: ~ 25 000 | |
| Italie: ~ 23 000 | |
| Suisse: ~12 000 | |
| Royaume de Naples: ~ 7000 | |
| Espagne et Portugal: ~6000 | |
| Total: ~ 600 000 soldats | ~488-500 000 |
La bataille de Borodino, l'incendie de Moscou, la retraite et la désastreuse Bérézina
Jugé incapable de commander l'armée suite à sa fuite de Smolensk, Barclay fut remplacé au commandant suprême par le général Koutouzov qui plaça l'armée russe sur un terrain avantageux pour la défense de Moscou, composé de redoutes, en prenant appuie sur une forêt et un village: la Moskova. Le 7 septembre 1812, 130 000 Français engagent 120 000 Russes. Napoléon reste maître du terrain avec 30 000 pertes, blessés ou disparus, et a perdu 50 généraux, contre 45 000 morts, blessés ou prisonniers avec 30 généraux morts du côté russe. Koutouzov se replie en bon ordre et fait évacuer la capitale. Le 14, Napoléon entre dans Moscou.
La sanglante bataille de Borodino (7 septembre 1812), de Louis François Lejeune (1822)
Prise de Moscou, le 14 septembre, 7 jours après la bataille de Borodino
Lettre du capitaine de Castellane, écrite à Moscou le 15 octobre 1812, quatre jours avant le départ de la Grande Armée.
Le même jour jusqu'au 20 septembre, Moscou est ravagée par les incendies provoqués par les partisans du gouverneur de la ville, Rostoptchine, lui même serviteur du tsar. Le 19 octobre, faute de pouvoir négocier avec un Alexandre 1er inflexible, de vaincre l'armée russe fuyarde et du début des pénuries de nourriture, Napoléon 1er ordonne la retraite de la Grande Armée vers Toula et Kalouga afin d'éviter les régions déjà dévastées. Cette tentative échoue lors de la bataille de Maloïaroslavets (24 octobre 1812). Victorieux, Napoléon est cependant obligé de prendre la route de Smolensk. Ce que personne ne sait, c'est que l'hiver russe aura deux semaines d'avance. Le 7 novembre, une tempête de neige s'abat sur la région. En plus des Cosaques qui harcèlent l'arrière-garde de la Grande Armée, les soldats de l'Empire n'ont prévu aucun vêtement chaud, croyant que la campagne n'allait durer que quelques semaines. A Krasnoï, du 15 au 18 novembre, c'est tout un corps d'armée qui est anéanti ou fait prisonnier. Arrivé près d'une rivière nommée la Bérézina, la Grande Armée ne compte plus que 50 000 soldats valides. Coincé entre trois armées russes qui foncent sur lui et une garnison à Borisov sous le commandement de Tchitchagov, faisant preuve d'un sang froid à toute épreuve et d'un génie désespéré, pendant 3 jours (26-29 novembre), Napoléon va résister, et réussir à faire passer une partie de ses troupes de l'autre côté de la rive, mais 20 000 trainards sont abandonnés pour sauver ce qui reste de l'armée. La Bérézina est une victoire stratégique française, car une partie de la Grande Armée parvient à se sauver, mais aussi une victoire tactique russe qui inflige le coup de grâce à l'armée française.
Pour rentrer en France, il faut passer la Bérézina, combien tomberont?
ZONE DE SAUVETAGE
Rare lettre écrite par le comte de Vallaise à propos du marquis Cajetant Incisa de Camerana, prisonnier de guerre italien à St-Pétersbourg
Pertes totales des deux armées
| Pertes françaises | Pertes russes |
|---|---|
| 200 000 morts | 200 000 morts |
| 150~200 000 prisonniers | 100 000 blessés |
| 130 000 déserteurs | |
| Bilan (total): ~ 530 000 pertes | ~ 300 000 pertes |
La campagne de Russie fut la plus grande des catastrophes de l'Empereur des Français qui avait autant sous-estimé les Russes que leur climat. Elle fut aussi pour l'Empire français comme a dit le ministre des affaires étrangères français, Charles-Maurice de Talleyrand, le commencement de la fin, démontrant une fois de plus, que l'Empereur n'était pas le maître incontesté des batailles. De retour en France, Napoléon 1er mobilise 400 000 autres hommes pour s'opposer à la Sixième Coalition, rejointe bientôt par la Prusse et l'Autriche. La campagne d'Allemagne/de Saxe commence...