La France attaquée
"50 000 hommes et moi, cela fait 150 000 !" (Napoléon 1er, au commencement de la campagne de France)
Le 9 novembre 1813, rentré à Saint-Cloud, Napoléon Bonaparte, Empereur des Français, trouve les finances dans un état critique: 20 ans de guerre ont coûté chères à l'Etat. Mais il faut 500 000 hommes sur pieds en 1 mois. Alors l'ancien maître de l'Europe augmente les taxes, réduit les soldes, emprunte, force le Sénat et le Corps législatif. Début de l'année 1814, les armées françaises alignent 400 000 soldats, mais la moitié est enfermée dans des garnisons en Allemagne, un quart est disposé soit en Italie ou en Espagne, ne laissant que 50 000 soldats à Napoléon 1er, 50 000 jeunes conscrits inexpérimentés, à peine habillés contre 300 000 soldats des armées de Silésie et de Bohême dirigées par Blücher et Schwarzenberg. Après que les défaites de ses maréchaux, l'Empereur intervient personnellement. Il gagne un mi-victoire à Brienne mais est battu à La Rothière.
Charge de la cavalerie wurtembergoise à la bataille de La Rothière, peinture de Richard Knötel (1857-1914).
La campagne des Six-Jours, le génie de Bonaparte
"Je suis en train de battre Blücher de l'oeil !" (Napoléon 1er, 1814)
Battant en retraite vers Paris, le Corse pense à abandonner. Mais les deux armées coalisées se séparent, l'une longe la Seine, l'autre l'Aube pour atteindre Paris. Napoléon va les maintenir séparées, et foncer sur l'armée de Silésie. Il va anéantir une division entière de Blücher à Champaubert, écraser les Russos-Prussiens à Montmirail, et faire reculer le maréchal prussien à la bataille de Vauchamps. En six jours, l'effectif de l'armée de Silésie passe de 60 000 hommes, à 30 000. Quant aux Marie-Louise, ils n'ont perdu que 5000 des leurs. La campagne des Six-Jours fut un des plus grands faits d'armes et tactiques jamais égalé dans l'histoire militaire. A 1 contre 5 sur un plan régional, c'est-à-dire contre Blücher et Schwarzenberg, puis en supériorité numérique sur un plan local, Napoléon repousse l'armée de Silésie.
Les coups de maître ratés
La Grande Armée redescend vers l'Aube pour affronter l'armée de Bohême. Il triomphe rapidement des Autrichiens à Monterau qui demandent un armistice. Napoléon l'accepte, pouvant forcer François II, Empereur d'Autriche, à signer une paix séparée. Mais l'Angleterre convainc la Sixième Coalition au Traité de Chaumont, réconcilie toutes les nations et leur demanda de maintenir une armée active de 150 000 hommes. En plus, l'Empereur des Français est arrêté devant Arcis-sur-Aube, il manque d'anéantir Blücher, qui avait reçu des renforts, à Soisson, et se fait battre à Laon. Son arrière-garde commandée par le maréchal Marmont ne fait pas mieux et le 31 mars, les coalisés entrent dans la capitale française. Le 5 avril 1814, Napoléon tente une contre-offensive, mais Marmont fait défection, l'obligeant le lendemain à abdiquer n'ayant plus de moyens de pression. Il fait ses adieux à sa Garde Impériale et part en exil sur l'île d'Elbe.
Napoléon 1er, pendant la campagne de 1814, dite de France
Les adieux de Fontainebleau
La campagne de France a causé 50 000 pertes environ du côté Français et plus de 150 000 côté coalisé. Ce fut une des plus grandes campagnes napoléoniennes sur un plan stratégique, à l'instar des campagnes de 1805 et 1806. Le 1er Empire est terminé (temporairement), la période de la Restauration, commence.